20 décembre :

Comme hier, nous allons chercher notre conductrice dans la ferme de Sybe située à 5-6 kilomètres de Porterville, dans la plaine. J’y retrouve ma chère Poppy ! Poppy est une grosse cochonne de race pot-bellied de 140kg, imaginez un gros cochon velu, noir et avec plein de plis! Et ce qui la rend unique, c’est qu’elle qui garde la maison ! Il y a bien quatre chiens, mais ils ne servent absolument à rien : ils demandent des câlins plutôt que de faire leur job. Alors qu’un cochon qui pèse autant que Stef et moi réunis, qui mord et qui vous foncent dessus décourage efficacement les intrus !

Et je ne sais pas, elle et moi c’est tout une histoire : je l’appelle et elle accoure en grouinant en remuant sa queue , Fou non ?

Bon, trêve de cochonneries, revenons à nos moutons ! Le plan de vol d’aujourd’hui est un triangle d’une centaine de kilomètres entre le relief du ridge de Porterville et celui d’en face, en passant par la plaine. C’est une bonne solution car il y a trois vents qui changent de direction dans la journée. L’idée est de voler légèrement face au vent pendant une quinzaine de kilomètres pour aller chercher une convergence et en profiter pour traverser la plaine. Une fois de l’autre coté, il faudra traverser à nouveau et raccrocher le bout du ridge de Porterville.

Au déco, il y a une pré PWC (compétition de parapente). Il y a beaucoup trop de pilote pour nous, alors nous décidons de partir du décollage du dessous pour éviter le stress des compétiteurs.

Les thermiques sont généreux, puissants mais secs. C’est un peu normal ici, c’est l’été. Nous volons ensemble, ce n’est pas simple car il y a plusieurs niveaux de pilotage dans notre groupe. Nous irons chercher Axel laissé en retrait après une grosse fermeture pour le ramener dans notre groupe.

D’ailleurs, moi qui étais au-dessus, je l’ai trouvé d’un grand sang-froid, Axel : ¾ d’aile dans la tronche au début du vol ça ne mettrait pas en confiance.Aller récupère des copains pilotes est un exercice intéressant, et ça évite à tout le monde de se sentir à la traine. Puis, une fois le groupe reformé, on repart ensemble sur notre plan de vol.

Juste avant de quitter le ridge, deux d’entre nous iront malheureusement poser dans les terrains d’une ferme, au pied de la montagne.  Ils se rendent compte qu’il leur faudrait des heures de marche pour sortir de cette propriété, mais par chance notre conductrice de récup’ réussit à rentrer pour venir les chercher.

Nous continuons notre vol et cherchons la convergence dans la plaine. Nous faisons tous plusieurs points bas, mais heureusement, ici, il est possible de se refaire à 50 mètres du sol. Certes, c’est turbulent, mais ça fonctionne !Sur les reliefs de l’autre côte de la plaine, deux autres pilotes irons poser. Il ne reste plus que Stef et moi en l’air et nous décidons d’entamer la fermeture du triangle.

Voyant la ferme de Sybe au loin, on décide d’y poser avec Stef car la masse d’air devient malsaine. Il y a trois vents qui nous tapent dessus entre 1000 et 1100 mètres.

Le truc, c’est qu’à la ferme de Sybe, il y a de la place pour poser mais il y aussi bcp de vent et parfois des rafales à 40 Kmh et plus. Et il faut éviter les dust devils qui naissent tous à cet endroit.

Ces tourbillons m’ont d’ailleurs valu un coup de tronche de Stef qui a dû se jeter sur sa voile car un dust lui fonçait dessus une fois au sol et que je ne l’ai pas vu.

Bref, une fois a l’ombre, nous profitons du paysage, regardons les cigognes au loin, et sirotons une bonne bouteille d’eau bien méritée, Nous avons tous les deux fait les plus beau triangles FAI du monde aujourd’hui !  euh pour ma part plutôt une espèce de cercle !