Dimanche 22 Décembre 2019.

A 3h00 des grillons nous réveillent et nous sommes obligés de mettre des boules quies tellement ils chantent fort. Allan, lui, subit une attaque en direct de l’une de ces bestioles qui lui saute sur le visage en pleine nuit.

Il est l’heure de se lever. Nous sommes tous prêts pour un gros vol aujourd’hui car, pour l’instant, nous n’avons pu voler sérieusement que durant un seul des trois jours.

Un ibis viens se poser devant notre fenêtre lors de notre petit déjeuner. Après s’être rassasié, il se redresse sur ses pattes nous observe. De son grand bec sort un cri, une sorte de bruit de trompette pour enfant, mais boosté. Puis il s’envole. C’est le signe pour nous de partir.

Dehors, à l’ombre, il fait frais comme tous les matins, à la différence qu’aujourd’hui, à 8h00, les premiers rayons du soleil nous carbonisent la peau. Je me dis que la journée va être fantastique avec ces écarts de température.

Nous nous dirigeons au décollage. Je suis inquiet, au col, car le vent qui arrive de derrière le relief est particulièrement soutenu. D’ailleurs, en contrebas, nous observons des vaguelettes se former sur un mini lac de barrage, ça ronfle fort.

Au décollage, le vent est carrément cul : un bon 25-30kmh qui vient de derrière. Nous savons qu’il devrait tomber aux alentours des 10h30. Ça ne loupe pas : après un peu d’attente, nous avons un bon vent de face, avec des rentrées en travers. Il reste le vent du sud qui rentre dans l’axe du ridge. Mais si nous réussissons à sortir du relief, nous devrions nous trouver sans vent en altitude.

Nous décollons, et là, comme promis, ce n’est pas agréable. Nous nous faisons malmener dans le relief et avons du mal à nous maintenir en l’air. Nous irons poser après à peine 5 kilomètres de vol, sans jamais réussir à enrouler quelque chose pour nous extraire.

Nous sommes tous au tas ! Grosse colère, je gueule comme un putois, je suis vraiment frustré. Seul Franck résiste et avance face au vent pendant quelques kilomètres durant deux heures et demi. Il n’avance vraiment pas vite, mais il réussit à sortir du relief dans des conditions chimiques et malsaines. Hors du ridge, toujours avec ce vent de face, il décide de rebrousser chemin et de voler avec le vent dans le dos. La couche convective n’augmente pas vraiment. Stef et moi décidons de rester au sol aujourd’hui. Pendant ce temps, le reste du groupe remonte au déco pour redescendre illico car le vent est devenu trop fort.

Nous nous retrouverons tous à la maison pour y faire encore une petite sieste. A notre réveil, Franck pose à quelques kilomètres de la mer, ce qui lui fait un superbe vol de 140 kilomètres.

Au moment où j’écris ces quelques lignes, il est dans la voiture de récup. Il nous explique que son vol s’est déroulé entre le relief et la plaine et qu’il a survolé la plaine à 700 mètres à peine avec des points bas et du gros vent. Il a pris du +9m/s dans un thermique qu’il n’a pas pu enrouler. Il s’est finalement posé en reculant, alors qu’il accélérait au deuxième barreau.

Pour ma part, je ronge mon frein et j’espère que demain sera la bonne journée. Pour les prochains jours, les prévisions météo sont de pire en pire et il est peu probable que nous puissions voler.

Mais bon au moins nous avons le soleil qui ici est plus que radieux, il est irradiant !