24 décembre

Ce matin, aux alentour de 6h00, je me réveille et je vais à ma porte fenêtre qui donne sur la plaine de Porterville pour voir le ciel. Une Steenbok (une espèce d’antilope) broute là, devant ma fenêtre ! Je m’empresse de réveiller Stef pour admirer le spectacle. Avant d’aller déjeuner, Stef sort derrière la maison près des arbres et surprend un petit troupeau de ces antilopes. C’est un joli spectacle de les voir juste là, sous nos yeux.

Normalement, ce matin, la météo prévoit du gros vent qui s’accentue sur le ridge et qui est carrément trop fort au sommet de la couche convective pour prévoir un gros vol.

Un front est déjà sur Cape Town, nous l’apercevons au loin.

La plaine, quant à elle, est hyper instable. A tel point que des nuages de poussière montent verticalement, ce qui est prometteur pour les thermiques. La base des nuages est à environ 50 mètres au-dessus du relief, il est 8h30.

Nous nous empressons de monter au décollage afin de profiter de ces conditions inespérément clémentes.

Nous devons décoller tôt si nous ne voulons pas être coincés par le vent annoncé au sol.

Le déco est déjà bien alimenté. Nous nous élançons. Je suis au nuage en quelques minutes. Le vent est bien face et il nous pousse contre le ridge ; il est hors de question de nous laisser emporter car, derrière, le vent est encore plus fort.

J’enroule avec Stef et Alan pendant un moment puis, arrivé au nuage (ou dans le nuage), je m’élance seul dans la plaine.

Le vent est face. J’avance dans cette énorme plaine, seul, et relativement tôt. Ça marche tout seul ! J’ai la chance d’arriver dans des thermiques qui se forment exprès pour moi et, au-dessus de moi, se forme des barbules. Je m’élance comme ça, de barbule en barbule, sans trop me poser de question.

Jusqu’à ce que Sybe, notre chauffeur de récup, nous annonce à la radio que, sur cette ligne, la récupération est impossible, il n’y a pas de route.

Ni une ni deux, je me dis « bah je ne vais pas poser » !

Je fais plusieurs points bas sur cette ligne, dont un sur une terre de couleur ocre où je m’empresse de me diriger sur une ferme dans laquelle j’espère ne pas poser car il y fait déjà terriblement chaud.

Je remonte plus loin, de l’autre côté de la plaine, et j’aperçois la route qui a été désignée comme mon prochain point de contournement. D’énormes silos se situe sur sa gauche, ainsi que des nuages. J’en déduis qu’avec le vent, théoriquement, mon prochain thermique devrait se trouver là. J’assure ma hauteur avant de m’élancer. Et là, j’y trouve, comme la veille, une énorme masse d’air qui m’emmène au sol, dans le brasier africain, pour y finir mon vol.

Axel lui aussi me rejoint quelques minutes plus tard. Nous suivons Patrick à la radio qui nous annonce pouvoir rentrer tous seul. Axel et moi apercevons au loin un restaurant qui propose des dégustations de vin et de fromage. Nous nous y précipitions et buvons de l’excellent rouge du ridge de Picketbeg avec un hamburger végan local. Si, si, en Afrique du Sud ! Un pur délice !

Stef et Alan, eux, ont posé de l’autre côté de la vallée il y a déjà un bon moment en toute sécurité, avant le vent. Ils en profitent pour manger sur Porterville dans un restaurant recommandé par Sybe qui propose plein de plats végans. Si, si, en Afrique du Sud ! Franck, quant à lui, décide de revenir sur ses pas pour finir son vol à côté de notre maison.

Il est 15h00 quand nous allons récupérer Patrick à la ferme de Sybe avant de rentrer rejoindre les autres. Le vent y est particulièrement fort aujourd’hui, comme annoncé par les modèles. Sybe nous explique que c’est pour cette raison qu’il est difficile de faire des gros triangles dans cette plaine. Le vent rentre dès 16h00 de manière soutenue et varie souvent entre 40-60Kmh.  

Pendant ce temps, Stefanie sauve des grillons. Il faut savoir que ces adorables insectes sont déjà de nature très bruyante et font un ramdam du tonnerre à l’extérieur de notre maison. Celui qu’elle cherche n’a rien trouve de mieux que d’utiliser notre frigo comme caisse de résonnance.

Encore une journée de sauvée malgré le peu de kilomètres parcourus. Nous avons quand même beaucoup de plaisir à voler ici !