29 décembre

Ce matin, la météo est prometteuse : on doit pouvoir faire le ridge de la plaine de Porterville dans son entier ! Nous faisons attention de décoller au bon moment ; ce serait vraiment dommage de planter cette journée en nous précipitant.

Après quelques bonnes bouffées de vent, je m’élance. Et là, je me retrouve tout de suite très bas, à tel point que je m’apprête à poser. Mais non, impossible ! Car, aujourd’hui, on a tablé sur un vol de 250km. Il est donc hors de question pour moi que le vol se termine comme ça. Je fais ce qu’il faut pour remonter.

Après un bon moment de combat, je sors enfin la tête du ridge. Je me mets à la poursuite de Franck qui a un peu d’avance. Une fois réunis, nous volons en escadrille sur une trentaine de kilomètres.

Arrivés à la première transition entre le ridge de Porterville et la montagne de Saron, nous nous élançons un peu bas. Et je perds Franck qui fait un tas sous le vent de Saron. Pour ma part, je beugle comme un putois ; il est hors de question que je pose là ! J’arrive à me refaire et à remonter le long du relief. Une fois hors de la montagne je pars sur la crête suivante. En contrebas, il y a cet immense champ d’éoliennes. Des éoliennes qui, d’ailleurs, tournent face à la montagne sur laquelle je m’apprête à aller m’appuyer ! Bizarre, le vent devrait venir de l’Ouest, aujourd’hui.

Je sens le vent m’arriver dessus, je me dis qu’en forçant j’arriverai peut-être à passer sur les faces Est.

Arrivé à un col, je me fais stopper net. Une vague de vent me projette en arrière, loin du relief et je me retrouve dans la vague de vent qui descend. Elle m’emmène au pire endroit que l’on puisse trouver pour poser ici : la récup y est impossible. Je dois donc m’avancer avec mon gros sac à travers champs en direction d’une route. Mon eau descend a vu d’œil.

Je marche sous un soleil de plomb pendant plus d’une heure et demie. Je suis complètement assoiffé à l’arrivée de la voiture de récup.

Avant de revenir sur ses pas et poser a Porterville, Stefanie a, quant à elle, fait un point bas spectaculaire au-dessus d’un bâtiment particulier. Au début, elle pense à une ferme à cochons, avec ces bâtiments perpendiculaires. Mais lorsqu’elle aperçoit des hommes en tenue orange hurler dans sa direction, elle réalise qu’elle vole au-dessus d’une prison. Alors, il est hors de question de poser là-dedans ! Ce serait jeter une poule dans une meute de loups ! Mais elle a trouvé la motivation pour remonter.

Alan, lui, a fait son plus grand vol de ces quinze derniers jours en revenant lui aussi en arrière et en continuant plus au Nord.

Ce soir, nous partageons notre dernier repas du séjour chez Sybe, notre chauffeur de récup, avec toute l’équipe. Il nous a préparé un vrai festin !

C’est l’occasion de dire aurevoir à tous nos copains, bipèdes et à quatre pattes, et bien sûr à ma chère et tendre Poppy ! A cette occasion, je lui offre une demi pastèque. Elle en fait un carnage en quelques minutes seulement.

C’est déjà l’heure de rentrer. Demain, nous irons flâner au Cap, avant de prendre notre avion pour retrouver Genève.