Lundi 23 décembre

Nous nous levons plus tardivement car, selon les modèles météo, une couche d’inversion devrait nous empêcher de monter. Le vent, quant à lui, sera soutenu et rentrera fort dès 14h00.

Notre plan de vol nous amènera dans une zone sans vent, au centre de la plaine.

Finalement, nous nous retrouvons à 9h30 au décollage car nous avons tous le couteau entre les dents. Si nous ne volons pas aujourd’hui, il est peu probable que nous puissions le faire durant les trois prochains jours. En effet, le vent augmentera considérablement dans toute la région et de la pluie, voir de la neige, est à venir ! Si, si, de la neige !

Au loin, nous apercevons l’inversion qui semble être pile à notre altitude. Malgré tout, le vent est bien face et nous ressentons de bonnes rentrées au décollage. Nous hésitons à nous mettre en l’air, mais deux parapentes arrivent sur nous ; ils ont décollé en amont. Ils viennent nous dire bonjour et nous narguent en nous demandant si on compte faire du parapente aujourd’hui ! Ni une, ni deux, nous sautons dans nos sellettes et nous élançons à leur poursuite.

Durant les premiers kilomètres, il faut se battre pour ne pas couler car les conditions sont asmathique. Plusieurs autres pilotes finissent au tas, et nous perdons Alan.

Une fois arrivés à quelques kilomètres de notre premier point de contournement, nous décidons de continuer sur notre plan de vol et de revenir en arrière avec le vent.

Et là, c’est du cheminement durant environ 40 km avec le vent qui nous pousse. Nous n’enroulons pas les thermiques, car ils ne nous emmènent que légèrement au-dessus du relief et, dans cette strate, c’est turbulent. Stefanie flippe car le vent rentre déjà fort en haut et décide d’aller se poser à l’atterro officiel.

Franck et moi sommes vissés sur nos arrières ; nous n’enroulons absolument rien.

Une fois l’altitude maximal atteinte, nous nous élançons dans la plaine. Et la… c’est pas simple.

Quelques points bas plus tard, nous réussissons malgré tout à nous refaire. La plaine chauffée à blanc nous motive à ne pas poser dans ce brasier.

Franck pose. Je suis au-dessus de lui, à 1000 mètres, et je m’élance. Une gargantuesque dégueulante me cloue au sol, et boum, je pose au côté de Franck.

Axel et Patrice, eux, continueront sur quelques kilomètres.

Nous avons juste eu notre dose de « sky crack » pour les prochains jours. Cette année, les conditions pour le moment ne sont pas au rendez-vous. Nous nous consolons sur la terrasse de notre maison, bière à la main, et soleil à l’horizon.